Les profils concernés par l’exonération de la taxe d’habitation 2019

Un chiffre suffit parfois à bousculer les certitudes : près de 30 millions de foyers sont concernés chaque année par la taxe d’habitation. C’est tout sauf anecdotique. Si vous occupez un logement au 1er janvier, cette taxe vous concerne, que vous soyez propriétaire, locataire ou accueilli gracieusement. Le cadre est posé, reste à savoir qui y échappe désormais.

La taxe d’habitation concerne toute personne occupant un logement au 1er janvier, quel que soit son statut. Propriétaire, locataire ou hébergé sans compensation, nul n’y échappe a priori. Cette règle a longtemps dominé le paysage fiscal français, avec une application stricte et des exceptions rares.

Mais la donne a changé avec la disparition progressive de la taxe d’habitation sur la résidence principale. La mesure, lancée dès 2018 et étendue graduellement, a ramené l’impôt à 30 %, puis 65 % de son montant initial avant de disparaître totalement pour 80 % des foyers dès 2020. Pour savoir dans quel cas vous vous situez, un outil officiel permet de vérifier votre situation et la marche à suivre.

Les dispositifs précédemment en vigueur n’ont cependant pas été balayés. Certaines circonstances garantissent d’office une réduction ou une suppression de la taxe : revenus faibles, perception de certaines prestations sociales, ou caractéristiques particulières du logement. Quand aucune de ces conditions n’est remplie mais que la réalité financière reste difficile, il est possible de formuler une demande spécifique auprès de l’administration. Un courrier adapté permet de présenter sa situation et d’argumenter sa requête.

Comprendre les critères d’exonération ou de réduction et la procédure à adopter permet d’y voir plus clair. Toutes les règles et les profils concernés sont détaillés et accessibles pour ne pas avancer à l’aveugle dans cette démarche administrative.

Comment fonctionne la taxe d’habitation ? Qui peut en être dispensé ?

Ce prélèvement local fait partie des quatre principales taxes destinées à faire vivre les collectivités territoriales. Leur mission ? Financer écoles, équipements sportifs, aides sociales ou infrastructures culturelles.

Instaurée au bénéfice des communes, la taxe s’impose à quiconque occupe un logement, propriétaire comme locataire, du moment que la résidence est occupée au 1er janvier. Près de 30 millions de foyers sont concernés chaque année. Le montant ne sort pas d’une simple barème national : il varie d’une commune à l’autre, selon la valeur locative du logement et la composition du foyer. Cette dernière, ainsi que les ressources prises en compte pour chaque membre, font évoluer le calcul d’année en année.

Plusieurs critères interviennent pour fixer le montant :

  • La valeur locative cadastrale, c’est-à-dire le loyer fictif du bien déterminé par la localisation, la taille, et la présence d’équipements (piscine, terrasse…)
  • Les abattements, notamment selon la taille du foyer, les ressources ou la reconnaissance d’un handicap

Le principe est simple : seule la situation au 1er janvier compte. Déménager en mars ou en septembre ne change rien : la taxe reste attachée au logement occupé à cette date, il n’y a ni prorata ni réajustement en cours d’année. Le fisc se focalise sur cette photo de départ pour établir l’impôt.

Dans certains cas, des allégements ou exonérations peuvent être appliqués. Une réduction correspond à une baisse de la taxe, l’exonération à son annulation pure et simple.

La suppression progressive pour une large majorité de ménages s’est achevée en 2020, clôturant l’une des réformes fiscales les plus marquantes de ces dernières années.

Concrètement, entre 2018 et 2020, des millions de foyers ont vu le montant de leur taxe diminuer par paliers, jusqu’à son effacement total. Pour vérifier sa situation, la procédure officielle est rapide et transparente.

Cas d’exonération ou de réduction selon la situation

La suppression ou la diminution de la taxe d’habitation vise exclusivement la résidence principale. L’administration fiscale reconnaît différents profils pouvant en bénéficier :

  • Selon ressources et aides perçues : certains ménages, en raison de leurs faibles revenus ou de l’octroi de prestations sociales spécifiques, bénéficient d’une exonération automatique sous conditions
  • Selon la nature du logement occupé : étudiants en résidence universitaire, personnes hébergées dans le cadre d’un service rendu, ou absence d’occupation du bien au 1er janvier
  • En cas de difficultés financières : il est possible d’adresser une requête individuelle, accompagnée de justificatifs, au centre des finances publiques

Exonération automatique liée à la situation ou aux ressources

Pour prétendre à une exonération, deux conditions sont à remplir. La première concerne la situation au 1er janvier 2020 : il faut appartenir à l’une de ces catégories :

  • Avoir dépassé 60 ans
  • Être bénéficiaire de l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées)
  • Percevoir l’AAH (allocation aux adultes handicapés)
  • Toucher l’ASI (allocation supplémentaire d’invalidité)
  • Être veuf ou veuve, avec ou sans pension de réversion
  • Être titulaire d’une pension d’invalidité
  • Résider en foyer universitaire

La seconde condition : le revenu fiscal de référence ne doit pas excéder un plafond, variable selon la composition du foyer. Pour l’avis d’imposition 2020 (revenus de 2019), il fallait respecter ces seuils :

Nombre de parts Revenu fiscal de référence maximal
1 10 988 €
1,5 13 922 €
2 16 856 €
2,5 19 791 €
3 22 725 €
Par 1/2 part supplémentaire 2 934 €

Les foyers assujettis à l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) peuvent aussi, dans certaines circonstances, bénéficier de mesures d’exonération. Lorsque toutes les conditions sont réunies mais que l’exonération n’a pas été appliquée, contacter le centre des finances publiques permet de corriger la situation sans tarder.

Autre cas à noter : si le foyer perçoit le RSA socle (revenu fiscal de référence nul), l’exonération opère automatiquement. À l’inverse, certaines aides de solidarité ne déclenchent pas l’exonération de façon systématique mais il reste possible de défendre son dossier pour obtenir la dispense.

Exonération liée au type de logement

Pour être dispensé, seul le logement principal entre en ligne de compte, sans distinction de statut (propriétaire, locataire, hébergé). Déménager ne change rien : l’administration tient compte de la situation au 1er janvier, pas après.

Quelques situations sortent du cadre général :

  • Non-occupation au 1er janvier : quitter son logement en fin d’année puis emménager après le Nouvel An entraîne la disparition de la taxe pour l’année en question
  • Étudiant en logement CROUS ou équivalent : l’exonération est accordée sans démarche supplémentaire, ce qui ne s’applique pas pour une location privée
  • Colocation intergénérationnelle ou service contre logement : si le loyer est remplacé par l’aide quotidienne apportée à une personne âgée, aucune taxe n’est due pour l’occupant

En dehors de ces circonstances, une réduction peut être demandée, dans la limite de critères précis.

Voici les situations les plus fréquentes où une demande de réduction s’avère pertinente :

  • Ressources modestes : même avec un revenu fiscal de référence juste au-dessus des plafonds, une situation de surendettement ou de charges lourdes permet de déposer un dossier auprès du centre des impôts
  • Relogement après démolition : si une destruction a nécessité un nouveau logement avec une charge fiscale supérieure, la réduction peut s’appliquer, à condition de fournir l’ensemble des justificatifs

Comment formuler une demande de réduction ou d’exonération ?

Si aucune exonération automatique ne s’applique et que la part à régler pèse lourd, il existe une solution : solliciter une mesure individuelle auprès des impôts, relevant de « l’indulgence » du fisc en cas de gêne financière sérieuse.

Le contact peut s’établir de deux manières :

  • Par courrier, envoyé à l’adresse figurant sur l’avis d’imposition
  • Sur place, auprès du centre des finances publiques où un agent enregistrera la demande

Pour avoir toutes les chances d’être entendu, le courrier doit mentionner toutes les données utiles (identité, adresse, numéro fiscal, montant en jeu) et s’appuyer sur des éléments probants : attestations CAF, RSA, certificats médicaux, preuves de charges lourdes.

À titre d’exemple, voici un modèle à adapter selon votre situation :

Nom et prénom
Coordonnées
Centre des finances publiques (localisation)
Ville, date

Objet : Demande d’exonération ou de réduction de la taxe d’habitation

Madame, Monsieur,
Je me permets de solliciter une réduction ou une exonération pour la taxe d’habitation concernant le logement où je réside à (adresse), en raison de difficultés financières (détaillez brièvement la nature de la difficulté).
Vous trouverez en pièces jointes les justificatifs nécessaires.
Je vous remercie par avance de l’attention portée à ma demande.
Je reste disponible pour tout renseignement complémentaire et vous adresse ma considération.
Signature

La législation impose néanmoins de régler la taxe même si la demande est en cours d’étude. Dans la pratique, l’administration tient compte des efforts consentis : déclaration à jour, versements partiels, dialogue ouvert. Ce comportement pèse dans la décision d’accorder ou non l’allègement.

L’attente n’est pas illimitée : l’administration répond sous deux mois (quatre lorsque le dossier est complexe). Passé ce délai sans retour, il faut considérer l’absence de réponse comme une décision négative. Si la demande n’aboutit pas, il est encore possible de négocier un échelonnement du paiement, selon la capacité du foyer à honorer la dette.

La taxe d’habitation, pilier de la fiscalité locale pendant des décennies, disparaît peu à peu du quotidien de millions de Français. Pour autant, l’attention portée aux droits, aux démarches et au suivi administratif ne faiblit pas. Car anticiper et agir en connaissance de cause, c’est l’assurance de ne pas subir inutilement les poids du passé administratif. Et demain, peut-être, l’avis de taxe d’habitation ne sera plus qu’un vieux souvenir dans la boîte aux lettres.

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