Quelle fondation de mur de clôture pour des blocs à bancher ou pierres ?

La fondation d’un mur de clôture en blocs à bancher ou en pierre repose sur une semelle en béton armé coulée en fond de tranchée. Sa largeur, sa profondeur et son ferraillage varient selon le type de bloc, la hauteur du mur et la nature du sol. Confondre les exigences d’un mur de clôture autoportant avec celles d’un mur de soutènement conduit soit à un surdimensionnement coûteux, soit à une fissuration rapide.

Mur de clôture ou mur de soutènement : des fondations différentes

Un mur de clôture autoportant ne subit aucune poussée latérale de terre. Il encaisse son propre poids et la pression du vent. La semelle de fondation doit stabiliser un ouvrage vertical sans charge horizontale permanente.

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Un mur de soutènement, même construit avec les mêmes blocs à bancher, retient un remblai. Il subit une poussée continue qui multiplie les contraintes sur la semelle. Les semelles de soutènement atteignent couramment une largeur plus importante et nécessitent un ferraillage renforcé, avec un drainage en pied de mur.

Pour un mur de clôture simple, la semelle peut rester plus étroite et moins profonde qu’un soutènement de même hauteur. Appliquer les dimensions d’un soutènement à une clôture revient à gaspiller du béton et de l’acier sans gain de stabilité.

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Maçon inspectant la première assise de pierres sur une fondation de mur de clôture en moellons et béton

Dimensionnement de la semelle de fondation pour un mur de clôture

Le NF DTU 20.1, qui encadre les ouvrages en maçonnerie de petits éléments, sert de référence pour les murs de clôture en blocs béton. Les guides spécialisés, comme celui du Cerib, en reprennent les dispositions applicables aux clôtures.

Largeur et profondeur de la semelle

La largeur de la semelle dépasse l’épaisseur du mur de chaque côté pour répartir les charges. Pour un mur de clôture en blocs à bancher de faible hauteur, une semelle dont la largeur dépasse d’environ un tiers l’épaisseur du bloc de chaque côté constitue un repère courant. La profondeur de la tranchée doit atteindre au minimum la zone hors gel du terrain, variable selon la région et l’altitude.

Un sol argileux ou un terrain en pente impose d’aller plus profond. Sur un sol stable et compact, la profondeur minimale hors gel suffit généralement.

Ferraillage de la semelle

La semelle reçoit des armatures longitudinales en acier (barres filantes) reliées par des cadres ou des étriers. Ce ferraillage empêche la semelle de se fissurer sous les mouvements du sol. Pour un mur de clôture autoportant sans poussée de terre, le ferraillage reste plus simple que celui d’un soutènement, mais il ne doit jamais être supprimé.

Les attentes verticales, scellées dans la semelle avant coulage, servent à solidariser les raidisseurs du mur avec la fondation. Ces barres verticales dépassent de la semelle et s’insèrent dans les alvéoles des blocs à bancher ou dans les poteaux de chaînage d’un mur en pierre.

Blocs à bancher et pierre : adapter la fondation au matériau

Fondation pour blocs à bancher

Le bloc à bancher est un coffrage permanent. On le remplit de béton et d’armatures verticales et horizontales qui forment un mur monolithique. La fondation doit accueillir les attentes verticales à chaque raidisseur, espacés selon la hauteur du mur et les prescriptions du fabricant.

Le poids linéaire d’un mur en blocs à bancher remplis de béton est plus élevé qu’un mur en parpaings creux classiques. La semelle doit en tenir compte, surtout sur un sol meuble. Sur un terrain porteur, la différence de largeur reste modeste par rapport à une fondation de parpaings traditionnels.

Fondation pour un mur en pierre

Un mur de clôture en pierre (pierre naturelle ou pierre reconstituée) pèse souvent davantage qu’un mur en blocs béton à hauteur équivalente. La semelle doit être dimensionnée en conséquence, avec une largeur adaptée à l’épaisseur du mur fini.

La pierre impose aussi des raidisseurs verticaux intégrés (poteaux béton armé noyés dans la maçonnerie ou placés en extrémité et à intervalles réguliers) pour compenser l’absence de chaînage horizontal continu. Sans ces raidisseurs, un mur en pierre de plus d’un mètre de haut devient vulnérable au vent.

Détail de blocs à bancher posés sur une semelle béton armée pour la construction d'un mur de clôture

Préparer la tranchée et couler la semelle : étapes techniques

La qualité de la fondation se joue dès le terrassement. Une tranchée mal préparée compromet la stabilité du mur, quel que soit le matériau choisi.

  • Tracer l’emprise de la fondation au cordeau, en vérifiant l’alignement avec les limites de propriété. Une erreur de quelques centimètres peut poser un problème juridique avec le voisin.
  • Creuser la tranchée jusqu’à la profondeur hors gel, avec un fond plat et compacté. Si le sol est hétérogène (remblai, argile, roche), adapter la profondeur à la zone la moins portante.
  • Couler un béton de propreté de quelques centimètres en fond de tranchée pour protéger les armatures du contact direct avec la terre.
  • Poser le ferraillage sur des cales (distanciers) pour maintenir un enrobage suffisant autour des aciers, puis couler le béton de la semelle en une seule passe pour éviter les reprises de bétonnage.

Les attentes verticales doivent être positionnées avant le coulage, à l’aplomb exact des futurs raidisseurs ou des alvéoles des blocs à bancher. Un décalage de quelques centimètres rend le montage du mur difficile, voire impossible.

Terrain en pente et sol argileux : contraintes supplémentaires sur la fondation

Sur un terrain en pente, la semelle se réalise en escalier (redans). Chaque palier reste horizontal, et la hauteur du redan correspond généralement à un multiple de la hauteur du bloc. Le recouvrement entre deux paliers doit être suffisant pour assurer la continuité du ferraillage.

Un sol argileux subit des retraits et gonflements selon l’humidité. La fondation doit descendre au-delà de la zone sensible aux variations hydriques, souvent plus profond que la simple profondeur hors gel. Négliger ce point sur un terrain argileux expose le mur à des fissures en escalier caractéristiques.

Le drainage en pied de fondation n’est pas systématique pour un mur de clôture autoportant, contrairement à un soutènement. Il devient utile lorsque le terrain retient l’eau en surface et que la base du mur reste humide en permanence, ce qui fragilise le béton et favorise les remontées capillaires dans les blocs.

Le choix entre blocs à bancher et pierre pour un mur de clôture modifie le poids et le mode de chaînage, mais la logique de fondation reste la même : une semelle béton armé correctement dimensionnée, posée sur un sol stable au-delà de la profondeur hors gel, avec des attentes verticales pour solidariser le mur à sa base. C’est la nature du sol qui dicte la profondeur et la largeur, pas le matériau du mur seul.

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